Souvenirs
Souvenirs: enseignants & employés
Quelle histoire | Quelle histoire |
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| 01-03-2006 | |
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Marc Fontaine se souvient des cours d'histoire de monsieur Decourcelles. Quand vous vous remémorez ces années passées dans l'enceinte de l'ARR, peut-être vous aussi percevez-vous encore, réveillés pour l'occasion dans un coin de votre mémoire, ces couleurs, ces bruits, voire même ces saveurs... qui ont accompagné tout ce qui peut rythmer la vie d'étudiant ? Par ces quelques lignes, je voudrais vous décrire une nouvelle anecdote, heureusement moins tragique que la précédente consacrée à la petite Michèle Van Heck, que je ressors de ma boîte à souvenirs...plus de trente ans après... Parmi les matières que j'affectionnais particulièrement à Rösrath figurait l'Histoire. Cet intérêt m'a été communiqué principalement pas l'ambiance qui régnait dans la classe (située à l'époque entre la cour de récréation et l'aire de stationnement des bus) attribuée à monsieur Decourcelles (André, je crois, mais pour nous c'était bien sûr "monsieur"). Dès que vous pénétriez dans son local, tout d'abord, un parfum spécial mêlant la craie, le bois mais aussi le tabac et l'eau de toilette surprenait votre odorat, vous donnant déjà une idée de la personnalité de votre hôte. Juste après, vous preniez conscience que le professeur disposait en permanence de la même classe pour enseigner son savoir car il l'avait aménagée et rangée soigneusement afin que vous vous rendiez compte qu'en franchissant la porte, vous pénétriez dans un lieu privilégié autorisant les voyages illimités dans le temps. Deux éléments vous y aidaient notamment : le nombre et la richesse des illustrations qui ornaient tous les murs, ainsi que les fameux tableaux noirs de ce professeur, sur lesquels il avait, avant que nous n'arrivions, d'une écriture étonnamment régulière et soignée, inscrit les dates, les lieux et les faits qui ont modelé la société telle que nous la connaissons aujourd'hui...Mais quelque chose faisait vraiment la spécificité de l'endroit quand vous posiez les yeux sur ces textes de toute évidence calligraphiés : la couleur...LES couleurs dont monsieur Decourcelles, personnage à la barbe taillée et vêtu en permanence d'un costume-cravate qui lui donnait un petit air un peu "british", usait visiblement avec passion, peut-être pour donner encore plus de dimension à ces épisodes importants du passé qu'il nous commentait d'une voix assurée et un peu rauque. En prenant mes notes de cours, je me suis surpris (et d'autres m'ont imité...je pouvais en juger par les nombreux "marqueurs" qui débordaient des plumiers de mes condisciples) à reproduire méticuleusement les textes dans mon cahier, respectant, dans le détail, la succession des couleurs choisies par l'enseignant. Après toutes ces années, je reste convaincu que la pratique de monsieur Decourcelles, peut-être s'agissait-il finalement des prémices inconscients de ces exposés de type "Powerpoint" banalisés aujourd'hui, a beaucoup participé dans l'intérêt sincère qui m'a animé chaque fois que son cours figurait sur mon horaire scolaire de l'époque. Enfin, et puisque la prescription me permet de le révéler maintenant, à la fin de la sixième (la première année dans l'ancien système d'enseignement), j'ai pu vérifier la réalité de mon engouement pour la matière. En fait, en vue du dernier examen de l'année, nous avions reçu une liste impressionnante de plus de cinquante questions accompagnées des réponses attendues. Lors du déroulement de l'épreuve, une partie des questions avait été sélectionnée par monsieur Decourcelles. Je n'ai rencontré aucune difficulté à reproduire, à la lettre et à la virgule près, le texte des solutions que je n'éprouvais aucune peine à retrouver tant elles étaient bien rangées dans les tiroirs colorés de ma mémoire d'élève. L'aisance avec laquelle je satisfaisais à l'examen n'a pas échappé à mes voisins de classe, lesquels se sont empressés de solliciter mon aide discrètement...c'est ainsi qu'à quelques-uns, nous avons recueilli la cote maximale... |
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