Le coup du parapluie Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
01-03-2006

A propos du célèbre surveillant, monsieur Lambert, l'homme au parapluie.

Il promenait partout sa haute silhouette, invariablement vêtue d’un complet veston gris clair, d’une veste claire, un parapluie greffé au bout du bras quel que soit le temps. La moustache grise soigneusement entretenue, l’air sévère de circonstance adapté à son métier d’éducateur, tel était Monsieur Lambert.

Son sport de prédilection : la chasse aux couples, dans laquelle il remportait quelques succès. A ce titre, il avait développé une connaissance des recoins rösrathiens non-égalée. Et pourtant, les petits couples d’adolescents qui se bécotaient le plus loin possible des bancs publics faisaient preuve d’inventivité, mais on ne trompe pas Monsieur Lambert. L’affût n’a plus de secret pour lui, la proie repérée était invariablement attrapée et dûment chapitrée sur son inconduite. 

Puis Monsieur Lambert, le sentiment du devoir accompli, retourne vers sa base, les blocs De Coene. C’est l’heure de la pause, 10h15. Certains jouent au volley, d’autres papotent assis par terre. Mais ce sont les joueurs de ping-pong qui attirent irrésistiblement Monsieur Lambert. Il s’approche de la table d’un air nonchalant et là, d’un coup de parapluie habilement placé – ah, le beau revers –, renvoie la balle et terrasse le joueur adverse.

Il est maintenant 16h15, les bus kaki sont sagement alignés sur le parking. La horde d’élèves s’installe, dernières discussions avant le lendemain ou le lundi, derniers bisous plus ou moins chastes derrière les bus. Monsieur Lambert s’impatiente, se dresse de toute sa hauteur, brandissant son fameux parapluie. Et c’est d’un vibrant « En voituuuure » qu’il clôture la journée.

 
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