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1974, voyage à Sienne

Souvenirs de Frank Richard.

Pâques 1974. Jeanne, notre prof de Français, avait organisé ce voyage en train vers Sienne, capitale de la Toscane. Le voyage aller au départ de Liège se fit dans le calme. Une fois arrivés à Sienne, nous avons découvert notre pension et notre groupe se partagea les chambres réservées.

Deux copains avaient fait le voyage en stop pour nous rejoindre et voulaient camper aux abords de la ville, mais le temps maussade et pluvieux nous décida à les «héberger» àl’hôtel, le vieux portier de nuit ne comptant jamais les groupes qui rentraient tard dans la nuit. Les journées étaient consacrées aux visites de la cathédrale, du beffroi et des autres sites intéressants à voir.

Les deux découvertes les plus importantes pour nous, Rösrathiens pur sang, étaient la vinothèque et la seule discothèque existante à l’époque dans la ville. Comme il n’était pas vendu de boissons alcoolisées dans la disco, qui n’ouvrait ses portes qu’à 22 heures, il fallait bien se prendre la dose dans la vinothèque entre la fin du souper et le moment d’aller danser.

Selon les dires du sommelier, nous avons consommé, pendant nos six jours sur place, autant que les touristes en un mois en pleine saison, ceci pour les bouteilles de 1000 Lires (notre argent de poche ne permettant pas de nous approvisionner en grands crus).

Trois fois les Carabinieri en six jours doit être un record à inscrire aux annales de l’A.R.R. : au retour de notre première soirée nous avons découvert, au milieu de la place du Palio, un bassin où les touristes jettent des pièces de monnaie. Donc, pantalons retroussés nous sommes allés à la pêche jusqu’au moment où un brave policier en motocyclette nous somma d’arrêter.

Et d’un…

Au milieu de la semaine quelqu’un du groupe rejoignit les autres à la disco pour demander de l’aide : un copain était couché dans ses vomissures au milieu d’une terrasse de café sur la place. Pas question de le ramener à la pension. Une petite place au bout d’une ruelle, un passage sombre entre l’église et le grand bâtiment voisin… on y dépose le cadavre non sans lui prendre portefeuille et autres objets pouvant être volés.

Vers 02.30 heures du matin, les derniers rescapés de la disco vont contrôler son état et… découvrent que le bâtiment voisin de l’église était l’hôpital de Sienne, et le passage sombre l’entrée des urgences. Ambulance et voiture de police feux bleus tournoyants, le copain arrimé sur la civière. Nous deux embarqués avec lui dans l’ambulance et retour à la pension où il fut déposé sur son lit.

Et de deux !

La nuit du samedi au dimanche de Pâques, le vieux portier était remplacé par le patron de la maison qui, lui, compta les rentrants. Deux de trop (nos « campeurs »), si bien qu’il appela tout de suite la police qui contrôla les présences, arme au poing.

Jeanne, mise au courant, expliqua au patron que les deux amis étaient venus se réchauffer, après une semaine sous tente dans la pluie, avant de repartir vers l’Allemagne. Le patron, compatissant, leur laissa la nuit gratuite et renvoya les braves carabinieri.

Le retour vers Liège fut arrosé de vin et de whiskey acheté avec le reste de notre argent de poche, si bien que peu d’entre nous se sont souvenus de l’heure d’attente à la gare de Milan.

Derničre mise ŕ jour : ( 09-09-2006 )
 
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